Le Japon est en 2026 l’un des pays les plus offensifs sur l’IA, avec deux axes forts : une IA « souveraine » (modèles et chatbots locaux) et une énorme stratégie autour de l’IA physique et des robots.
Grands axes de la stratégie IA japonaise
Le gouvernement japonais porte une stratégie nationale qui mise à la fois sur des modèles de fondation locaux et sur la robotique/IA physique pour répondre aux pénuries de main‑d’œuvre.
Cette stratégie s’inscrit dans un plan de croissance sur 14 ans visant des centaines de milliers de milliards de yens d’investissements publics et privés dans l’IA, les puces, le quantique, etc.
IA souveraine et modèles japonais
Le Japon veut développer un modèle de fondation « souverain » via un consortium industriel (Noetra) qui rassemble SoftBank, Sony et de nombreuses entreprises d’automobile, électronique, finance, logistique.
L’État prévoit d’investir jusqu’à 1 000 milliards de yens sur cinq ans dans ce projet de modèle domestique, afin de réduire la dépendance aux modèles américains ou chinois.
En parallèle, des acteurs privés comme Sakana AI développent des modèles de langage spécifiquement adaptés à la langue et à la culture japonaises (par exemple Sakana Chat, concurrent local de ChatGPT).
Sakana AI, fondée en 2023 par d’anciens chercheurs de Google, est déjà valorisée à plusieurs milliards de dollars et se positionne sur une IA souveraine tournée vers la finance, la défense et l’industrie.
IA physique et robots (objectif 10 millions)
Le Japon fait de l’IA physique (robots, systèmes autonomes dans le monde réel) un pilier central, avec une stratégie officielle visant environ 10 millions de robots déployés d’ici 2040 dans 18 secteurs (industrie, restauration, agroalimentaire, médical, etc.).
L’idée est que ces robots IA viennent remplacer ou compléter la main‑d’œuvre dans un contexte de vieillissement démographique, plutôt que de « voler » les emplois comme dans d’autres narratifs.
Pour soutenir cela, le pays lance des infrastructures de calcul dédiées à l’IA physique (par exemple FRONTia, avec des dizaines de milliers de GPU Nvidia Rubin), pour entraîner et piloter ces systèmes à grande échelle.
Cette approche place le Japon en vitrine mondiale de la robotique IA appliquée : robots de service, usine, santé, logistique, etc.
Écosystème industriel, salons et coopération internationale
Tokyo accueille des salons spécialisés comme le Salon de l’Intelligence Artificielle Tokyo 2026 (Tokyo Big Sight), qui servent de hub pour les architectes, dirigeants et chercheurs en IA.
Ces événements mettent en avant les innovations locales en modèles, robotique, IA embarquée et applications industrielles.
Le Japon cherche aussi à se positionner dans les débats internationaux sur l’IA : un premier dialogue de haut niveau sur l’IA avec la France s’est tenu à Paris en juin 2026, signe de coopérations bilatérales possibles sur les standards, la recherche et l’usage responsable.
Cette diplomatie technologique complète la stratégie nationale de réindustrialisation via l’IA.
